Samedi 1 avril 2006
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Le dossier du nickel calédonien dont la presse a largement rendu compte ces derniers temps, dessine une caricature cruelle de la politique industrielle et financière française. Celle qui est réellement menée, pas celle des discours.

L'histoire de la mine calédonienne au cours de ces quinze dernières années peut se résumer en trois temps : le transfert au canadien Inco, premier producteur mondial de nickel, des réserves minières du BRGM, établissement public français ; puis l'expropriation d'une part importante des réserves minières du producteur français Eramet au profit du deuxième producteur canadien, Falconbridge, associé au mineur local SMSP ; et enfin l'OPA en cours d'Inco sur Falconbridge.
Au terme de ces opérations, le canadien Inco contrôlera environ 70% des réserves exploitables en Nouvelle-Calédonie (environ 25% des réserves mondiales) sans avoir rien payé, hormis 20 millions de dollars au BRGM, et aura reçu des subventions de l'Etat français de l'ordre de 1 milliard d'Euros... Un grand merci au contribuable français.
Le niveau d'endettement de la France et le simple bon sens justifient-ils une telle générosité, d'autant que, pour une part notable, cette prise de contrôle se fait au détriment du producteur français Eramet. Pas un pays au monde n'adopterait un comportement aussi contraire à un minimum de patriotisme économique, à titre d'exemple, Inco a payé (et non reçu !) plus de 3 milliards de dollars pour disposer du gisement de Voisey's Bay au Canada. Après la disparition de Penarroya, puis de Pechiney, l'affaiblissement d'Eramet marquera la fin de la présence française dans le secteur industriel des métaux et, dans ce dernier cas, du fait d'une décision explicite de l'Etat.

Depuis dix ans, Falconbridge essaie de réussir un rapt sur la dernière grande réserve d'Eramet. Les accords de Bercy de 1998, dont l'objectif était d'accélérer le développement économique et social du nord de la Calédonie, lui ont accordé une option gratuite jusqu'au 31 décembre 2005 pour décider irrévocablement la construction de cette usine.
Ils ont malheureusement été contournés. Leurs signataires ont feint de prendre au sérieux les manoeuvres de Falconbridge, qui a voulu faire passer pour une décision d'investissement irrévocable ce qui n'était qu'une vague déclaration d'un porte-parole. Qui peut croire que le conseil d'administration d'un groupe anglo-saxon coté prendrait la décision de financer seul une usine de 3 milliards de dollars dont il ne détiendrait que 49% des parts, par un texte de six lignes, dans lequel le mot « décider » ne figure même pas, et sans en avertir officiellement ses actionnaires ??
Le cas d'Eramet montre ce qu'il faut penser de la signature de l'Etat et de sa tendance historique à interférer dans la gestion des entreprises industrielles pour des raisons politiques, en l'occurrence des risques supposés d'agitation en Nouvelle-Calédonie. NDLR. Rappelez vous de Panguna en Papouasie ; qui finance ces agitations et à qui bénéficient-elles vraiment ??
Par sevchris
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Publié dans : sevchris
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C'est, hélas bien près de la réalité.
Au lieu de s'acharner à se mêler de ce qui ne le regarde pas et de laisser aux partenaires sociaux le soin de décider des contrats de travail (je parle du CPE...)le gouvernement remplirait mieux son rôle en se préoccupant davantage des affaires de la France.
Cette histoire du nickel calédonien est innique pour les citoyens actionnaires. Bien niqués eux, c'est sûr.
Alpha2fois