
Après léchec du processus de paix de 1994, la guerre civile de Bougainville va prendre une tout autre tournure, les vautours qui cerclent depuis le début du conflit entrent en action
Cest la partie de lhistoire que vous nauriez jamais osé imaginer.
Le gouvernement central de Sir Julius Chan contracte avec une PMC, « Private Military Company », au doux nom de Sandline. Officiellement, il sagit de fournir, moyennant 46 millions de dollars, un appui stratégique et logistique au FDPNG dans sa lutte contre lARB. Chan a toujours nié avoir engagé des mercenaires, pourtant les clauses contractuelles sont explicites : « Sandline a pour rôle de mener une offensive à Bougainville afin de rendre lARB inopérant et de reprendre possession de la mine de Panguna ». La liste déquipements logistiques inclues hélicoptères de combat, mitrailleuses lourdes, lance-roquettes, appareils de détection et de surveillance électronique, stock de munitions et une bonne centaine de mercenaires surentraînés.
Dans le même temps, le gouvernement de Chan approche secrètement RTZ-CRA, lénorme holding minière australo britannique qui détient la concession de Panguna, et lui propose via un broker de Hong Kong le rachat de 53,6% de ses parts dans la mine. Une opération financière de 500 millions de dollars que le gouvernement papou ne peut clairement pas se permettre seul après des années de conflit et de tarissement de ses revenus miniers.
Cest Sandline qui détient les clés de toute lopération. Bien plus quune armée en leasing, Sandline nest quun prête-nom qui masque un réseau complexe denviron 90 armées de mercenaires actives, et de grands pontes de la mine et du pétrole
On y trouve pèle mêle « Executive Outcomes », une gigantesque armée de mercenaires essentiellement composé des anciens du 32e bataillon de larmée sud-africaine, impliqué pendant lapartheid dans la déstabilisation de nombreux régimes africains, « Toxic Bob », Robert Friedman, président de « Branch Energy » et d « Heritage Oil », deux importantes sociétés minières, et détenteur de nombreuses mines dor et de diamant en Papouasie et aux Fidji. On y trouve aussi bien sûr des anciens et des futurs de RTZ, des fonds de pensions canadiens et
des brokers de Hong Kong.
Ce monstre fait même frémir le gouvernement australien qui voit dun mauvais il lopération Sandline, pas tant pour les populations de Bougainville mais parce quil sagit dun risque majeur pour ses intérêts capitalistes en Papouasie. Après avoir armé le FDPNG dans sa lutte sanguinaire contre lARB, les services secrets australiens fomentent un coup détat contre Chan avec laide de Singirok, le chef des armées papoues. Singirok, lui, narrive pas là par hasard, ses connexions internationales lavaient déjà conduit à organiser avec lAllemagne une intervention du type Sandline, il fréquente quelques vendeurs darmes de renom dont la mansuétude à légard du chef des armées papoues va même jusquà lui offrir de longs week-end de détente et des tests darmes automatiques dernières générations.
La guerre des ressources dure encore à Bougainville
un combat latent, syncrétisme des ombres de limpérialisme. Sandline a annoncé avoir fermé ses portes en 2004, mais son site Web existe toujours et vous, moi, nos dirigeants, leurs opposants, pouvont aller passer commande, une nébuleuse saura toujours fournir lattirail nécessaire en échange de quelques pierres.
De plus en plus interessant ce blog... La bise à vous 2. Pat RB